26Apr2009
La fête des jonquilles
« Mais je suis sérieux, moi ! Je n’ai pas le temps de rêvasser. »
« Le petit prince avait sur les choses sérieuses des idées très différentes des idées des grandes personnes.
- Moi, dit-il encore, je possède une fleur que j’arrose tous les jours. Je
possède trois volcans que je ramone toutes les semaines. Car je ramone aussi
celui qui est éteint. On ne sait jamais. C’est utile à mes volcans, et c’est
utile à ma fleur, que je les possède. Mais tu n’es pas utile aux
étoiles...
Le businessman ouvrit la bouche mais ne trouva rien à répondre, et le petit prince s’en fut.
Les grandes personnes sont décidément tout à fait extraordinaires, se disait-il simplement en lui-même durant le voyage. »
Un dimanche matin, le 18 janvier dernier, alors que nous émergions d’une journée difficile, Sam, Francis et moi débriefions de la veille. De l’apathie des uns, de la tristesse des autres, de cette absence d’enthousiasme qui contamine si facilement tant de monde. « Je suis un homme sérieux… », combien de fois ais-je pensé à cette phrase ces jours ci, tant est grande la propension de certains de nos interlocuteurs à ne rien vouloir faire de joyeux et de festifs pour les 70 ans du Collège Cévenol, au prétexte d’être sérieux ! Comme s’il était nécessairement sérieux d’être triste…
Alors j’ai osé dire : « je pense à un truc dingue : et si on se refaisait un char pour la fête des Jonquilles ? ». Le problème avec mes deux comparses, c’est qu’ils démarrent au quart de tour. Leurs yeux pétillent instantanément. Sagement on a pourtant rangé cette idée dans un coin, mais chacun savait déjà qu’on n’allait pas tarder à se rajouter ce truc impossible : comme si l’enjeu du seul week-end de la Pentecôte ne nous suffisait pas !
Le samedi 13 février on avait donné rendez-vous à quelques lycéens au Play, au lieu de rencontres extra scolaire. Histoire de voir jusqu’à quel point ils étaient victimes ou non de la sinistrose ambiante. On leur raconte l’histoire de la participation interrompue du Collège Cévenol à la fête de la jonquille jusqu’au début des années soixante dix. Ils se marrent. On les met au défi d’oser relancer cette participation. Ils s’enthousiasment. Leur fraîcheur sincère nous fourni l’étincelle qu’il nous fallait pour nous lancer dans cette nouvelle histoire. Pas de problème.
Le samedi 25 avril, nous revoilà tous au Chambon, Sam revenant de Suisse, Francis et Annie de la Drome, Alain, Florence et Jean du Rhône, moi-même venant de Paris. Annie et Philippe au Vermillon mettent garage et maison à notre disposition… Francis Valla (ancien du Collège et ancien maire du Chambon) nous a amené la remorque prêtée par Yvan Pierre DEBARD, un autre ancien. Anne Sylvie et Fernand se joignent bien sur à nous. Nous rejoignent Léa et Zélie, Simon, Valentin et Alexandre. Les uns cueillent, les autres montent ossature, grillage et haubans. Le soir, au dîner, on s’apostrophe un peu durement. Normal. Avec la tension qui nous habite et qui s’accroît de semaine en semaine, comment faire autrement. Mais notre capacité à nous unir est tellement plus forte.
Le dimanche matin la pluie et au rendez vous et ne cessera de la journée. On pique nos fleurs sous la pluie et le froid. On tague les banderoles. Contre tout attente, on arrive à être prêt. Thierry Ruel (dont les 2 frères sont aussi des anciens du Collège) nous rejoint avec son tracteur, tout fleuri également, pour nous emmener. La douceur de sa conduite nous permettra de rester debout sur la remorque tout du long sans jamais chanceler. Sur le tarmac, c’est l’attente sous la pluie toujours à verse. Sans blague ! A tel point qu’Annie a faillie se noyer dans une flaque d’eau (mdr !). Sauf que c’était pas une flaque de quelques centimètres dans laquelle elle a mis le pied, c’était un trou de 50 ! Il a fallu l’extraire de là avec l’assistance d’un pompier et la retourner pour vider ses bottes du trop plein. Bref, à quinze heures, après un chocolat chaud indispensable pris chez Paco, le défilé démarre. Sur le char, Zélie, Léa, Simon et Valentin, représente dignement les élèves actuels. Francis et moi les anciens. César nous rejoint. Sam et Jean distribuent les petits flyers annonçant l’anniversaire du Collège. Tout au long du parcours (2 heures !) sous une pluie continue, nous distribuons à la foule jonquilles, rires et enthousiasmes. « Vive le Collège Cévenol » criions-nous sans discontinuer. Et les passants d’applaudir et de nous soutenir vivement. Au départ Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi auprès de la ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi vient nous soutenir ainsi que Jean Digonnet, maire de Tence, conseiller général de la Haute Loire. Sur le parcours, je n’ai pu résister d’aller offrir, à genoux, un bouquet de jonquilles a Madame le Maire du Chambon sur Lignon, Eliane Wauquiez Motte.
Andréas Braun, notre pasteur, s’est joint également à nous,
dans le défilé, en suivant le char du Collège avec un magnifique tableau de
jonquilles, figurant une croix huguenote, tiré par deux valeureux
cyclistes. Florian Braun et Kevin Abel, tous les deux également
élèves du Collége. La présence à nos cotés d’un des administrateurs du Collège,
représentant ainsi le soutien sans réserve de l’équipe dirigeante à cette
initiative, nous réchauffait le cœur et nous en avions bien besoin. A nos cotés
aussi, de nombreux collégiens, ainsi que leur directeur Fabien Laroque,
accompagnaient, hilares, ce joyeux charivari.
A la fin du parcours, nous avons fait une escapade, évidement, vers le Collège. Klaxons et hurlements on fait sortir de leur torpeur les collégiennes et collégiens demeurés sur place. Et c’est sous la pluie toujours battante, avec Josiane Escotte à nos cotés et le personnel de cuisine nous préparant un goûter bien mérité, que nous avons terminé cette fiesta.
Nous avons ôter nos pelure détrempés. Léa a bleui à vue d’œil, Zélie grelottait, nous en serons tous quitte pour un bon coup de froid. Mais quelle belle rigolade.
Après presque 40 ans d’absence, le Collège Cévenol a repris sa place dans cette fête historique. Nul doute qu’il sera présent l’année prochaine, mieux préparé et plus nombreux !
Le businessman ouvrit la bouche mais ne trouva rien à répondre, et le petit prince s’en fut.
Les grandes personnes sont décidément tout à fait extraordinaires, se disait-il simplement en lui-même durant le voyage. »
Un dimanche matin, le 18 janvier dernier, alors que nous émergions d’une journée difficile, Sam, Francis et moi débriefions de la veille. De l’apathie des uns, de la tristesse des autres, de cette absence d’enthousiasme qui contamine si facilement tant de monde. « Je suis un homme sérieux… », combien de fois ais-je pensé à cette phrase ces jours ci, tant est grande la propension de certains de nos interlocuteurs à ne rien vouloir faire de joyeux et de festifs pour les 70 ans du Collège Cévenol, au prétexte d’être sérieux ! Comme s’il était nécessairement sérieux d’être triste…
Alors j’ai osé dire : « je pense à un truc dingue : et si on se refaisait un char pour la fête des Jonquilles ? ». Le problème avec mes deux comparses, c’est qu’ils démarrent au quart de tour. Leurs yeux pétillent instantanément. Sagement on a pourtant rangé cette idée dans un coin, mais chacun savait déjà qu’on n’allait pas tarder à se rajouter ce truc impossible : comme si l’enjeu du seul week-end de la Pentecôte ne nous suffisait pas !
Le samedi 13 février on avait donné rendez-vous à quelques lycéens au Play, au lieu de rencontres extra scolaire. Histoire de voir jusqu’à quel point ils étaient victimes ou non de la sinistrose ambiante. On leur raconte l’histoire de la participation interrompue du Collège Cévenol à la fête de la jonquille jusqu’au début des années soixante dix. Ils se marrent. On les met au défi d’oser relancer cette participation. Ils s’enthousiasment. Leur fraîcheur sincère nous fourni l’étincelle qu’il nous fallait pour nous lancer dans cette nouvelle histoire. Pas de problème.
Le samedi 25 avril, nous revoilà tous au Chambon, Sam revenant de Suisse, Francis et Annie de la Drome, Alain, Florence et Jean du Rhône, moi-même venant de Paris. Annie et Philippe au Vermillon mettent garage et maison à notre disposition… Francis Valla (ancien du Collège et ancien maire du Chambon) nous a amené la remorque prêtée par Yvan Pierre DEBARD, un autre ancien. Anne Sylvie et Fernand se joignent bien sur à nous. Nous rejoignent Léa et Zélie, Simon, Valentin et Alexandre. Les uns cueillent, les autres montent ossature, grillage et haubans. Le soir, au dîner, on s’apostrophe un peu durement. Normal. Avec la tension qui nous habite et qui s’accroît de semaine en semaine, comment faire autrement. Mais notre capacité à nous unir est tellement plus forte.
Le dimanche matin la pluie et au rendez vous et ne cessera de la journée. On pique nos fleurs sous la pluie et le froid. On tague les banderoles. Contre tout attente, on arrive à être prêt. Thierry Ruel (dont les 2 frères sont aussi des anciens du Collège) nous rejoint avec son tracteur, tout fleuri également, pour nous emmener. La douceur de sa conduite nous permettra de rester debout sur la remorque tout du long sans jamais chanceler. Sur le tarmac, c’est l’attente sous la pluie toujours à verse. Sans blague ! A tel point qu’Annie a faillie se noyer dans une flaque d’eau (mdr !). Sauf que c’était pas une flaque de quelques centimètres dans laquelle elle a mis le pied, c’était un trou de 50 ! Il a fallu l’extraire de là avec l’assistance d’un pompier et la retourner pour vider ses bottes du trop plein. Bref, à quinze heures, après un chocolat chaud indispensable pris chez Paco, le défilé démarre. Sur le char, Zélie, Léa, Simon et Valentin, représente dignement les élèves actuels. Francis et moi les anciens. César nous rejoint. Sam et Jean distribuent les petits flyers annonçant l’anniversaire du Collège. Tout au long du parcours (2 heures !) sous une pluie continue, nous distribuons à la foule jonquilles, rires et enthousiasmes. « Vive le Collège Cévenol » criions-nous sans discontinuer. Et les passants d’applaudir et de nous soutenir vivement. Au départ Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi auprès de la ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi vient nous soutenir ainsi que Jean Digonnet, maire de Tence, conseiller général de la Haute Loire. Sur le parcours, je n’ai pu résister d’aller offrir, à genoux, un bouquet de jonquilles a Madame le Maire du Chambon sur Lignon, Eliane Wauquiez Motte.

A la fin du parcours, nous avons fait une escapade, évidement, vers le Collège. Klaxons et hurlements on fait sortir de leur torpeur les collégiennes et collégiens demeurés sur place. Et c’est sous la pluie toujours battante, avec Josiane Escotte à nos cotés et le personnel de cuisine nous préparant un goûter bien mérité, que nous avons terminé cette fiesta.
Nous avons ôter nos pelure détrempés. Léa a bleui à vue d’œil, Zélie grelottait, nous en serons tous quitte pour un bon coup de froid. Mais quelle belle rigolade.
Après presque 40 ans d’absence, le Collège Cévenol a repris sa place dans cette fête historique. Nul doute qu’il sera présent l’année prochaine, mieux préparé et plus nombreux !
Comments
Wednesday 29 April 2009 | 08:01
Aux dernières nouvelles personne n'a été malade, ce qui prouve que le rire la bonne humeur, l'esprit d'entreprise et le mépris des intempéries sont en plus de leurs qualités intrinsèques, des remèdes anti-infectieux et vulnéraires.
Certains feraient bien d'en prendre de temps en temps...
Bravo à notre équipe dont le char s'il n'était pas forcément le plus beau, a été celui qui fit (et de loin) le plus de bruit et qui a été le plus applaudit, c'était même du délire parmi les spectateurs. Quelle meilleure image de marque peut on donner pour le Collège que celle d'une jeunesse épanouie qui sait rire et s'amuser sainement. Et s'il y en qui étaient contre cette idée, je leur dit en toute simplicité et avec une grande charité chrétienne : "allez au bain".
Sam
Wednesday 29 April 2009 | 12:02
Bravo pour cette initiative et plus encore pour le courage et l'enthousiasme, qui dominaient les pluies et le froid.
Petit rajout: les deux ciclistes courageux, qui tiraient la croix huguenotte, sont tous les deux des élèves du Collège.
Il est vrai, une fois mouillé, on ne craint plus rien - chers amis, de temps en temps il faut se mouiller.
Wednesday 29 April 2009 | 12:46
ma
gni
fi
que
Wednesday 29 April 2009 | 13:20
Bravo pour cette initiative. Elle rapproche le Collège Cévenol, son équipe d'administrateurs, direction, enseignants, personnels, ses élèves et les anciens élèves des chambonnais. Le sérieux et le jeu dans la bonne humeur sont complémentaires, on doit manier l'un et l'autre avec doigté et c'est ce qui se passe actuellement pour le bien de notre collège lycée.
Yanni, délégué APE
Tuesday 5 May 2009 | 08:09
J'aime beaucoup de lien que tu fais avec le petit prince!
Tout cela continue à me faire du bien!!!!!
Merci et poursuivons notre effort!
bonne journée, ensoleillée!
Elisabeth